MANOLO MILLARES (1926-1972)

Lot 11
70 000 - 90 000 EUR
Résultat: 88 940 EUR

MANOLO MILLARES (1926-1972)

CUADRO 139, 1961 Technique mixte sur toile Signée en haut à droite Contresignée, datée et titrée au dos 73 x 60 cm x 10 cm - 283/4 x 231/2 x 4 in. L'authenticité de cette oeuvre a été confirmée par Madame Elvireta Escobio L'oeuvre est répertoriée dans les archives de Monsieur Alfonso de la Torre et figurera dans la prochaine publication du catalogue raisonné Provenance: - Collection particulière, Paris - Collection particulière Dense, la corporéité de cette technique mixte de Millares est symptomatique de son oeuvre, en ce qu'elle est viscéralement présente, et intrinsèquement abstraite...Parce qu'en introduisant un élément extra-pictural sur la toile, le peintre pétrit son oeuvre comme on chérit la chair: troublé. Héritage qu'il garde précieusement contre lui, la matière, Millares l'a reçue «d'amis sans visage» puisqu'en 1955 est présentée à Madrid l'exposition la plus scandaleuse de ces dix dernières années: «Tendances récentes de la peinture française». Manessier, Soulages, Hartung... enflamment la capitale espagnole: Millares vient de poser ses pieds sur le sol madrilène. De Barcelone (Miro, Dali, Picasso) à Madrid, il n'est que peu de chemin que Millares franchira rageusement en fondant le groupe El Paso (Le Pas), inspiré du mouvement né quelques années plus tôt en Catalogne: Dau al Set (l'impossible septième face du dé), empreint du Dadaïsme. Armés de plumes et de pinceaux acérés, les artistes décantaient leurs arts et revendications nouvelles dans de petits ouvrages, surnommés les cahiers de combat. Indomptables, les catalans réveillèrent les consciences et ce que l'on voulait être leur secret de Victor Hugo, enfin, embrasa l'Espagne... El Paso, quant à lui est né de la fièvre de Millares, Saura, Canogar et Feito, auxquels s'ajouteront Viola, Chirino, Rivera... Véritable manifeste en bas duquel tous apposeront leurs signatures un jour d'avril 1957: «El Paso est une activité qui vise à instaurer un nouvel état d'esprit dans le monde de l'art espagnol (...) Le groupe luttera pour surmonter la grave crise que traverse l'Espagne dans le domaine des arts visuels-dont les causes sont le manque de musées et de collectionneurs, l'absence d'une critique responsable, la solution artificielle que constitue l'émigration d'artistes...» scandent-ils. Accompagné dans son oeuvre d'un sac de toile, Millares ordonne des plis et des replis jusqu'à l'informel... dont il accouche, une fois la peinture allongée. Agglutinée et polymorphe, son oeuvre singulière trouve écho dans son enfance. «Petit, j'aimais dessiner ce que je voyais; j'allais au musée de Las Palmas voir les momies, les sacs de toile qui les enveloppaient m'attiraient» confie-t-il. Peintre ténébriste, cet artiste, à l'inverse de ceux qui au XVIIème siècle tiraient de la lumière les ténèbres, emplit son oeuvre de noir pour la recouvrir peu à peu de blanc. Vestige humain, l'oeuvre de Millares sonde et éventre la mémoire qu'il retient et enferme par de grossières coutures... comme ces mauvais souvenirs que l'on cache, un peu trop vite. Sabine Cornette de Saint Cyr
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