PIERRE SOULAGES (NE EN 1919)

Lot 7
500 000 - 700 000 EUR
Résultat: 608 165 EUR

PIERRE SOULAGES (NE EN 1919)

PEINTURE, 1949 Huile sur toile Signée en bas à droite Datée au dos 130 x 97 cm - 511/4 x 311/4 in. Provenance: - Collection Mr et Mme Michel Jaoul, Neuilly-sur-Seine (acquis directement auprès de l'artiste en 1950) Bibliographie: - Werner Schmalenbach, Pierre Soulages, Kestner-Gesellschaft, Hanovre, Folkwang Museum, Essen, 1960-1961. Oeuvre reproduite sous le numéro 17 - Werner Schmalenbach et L.J.F. Wysenbeek, Pierre Soulages, Gemeente Museum, La Haye, 1961 - Eduard Hüttinger, Pierre Soulages, Kunsthaus, Zurich, 1961 - Pierre Encrevé, Soulages - L'oeuvre complet, Peintures, tome I: 1946-1959, Editions du Seuil, Paris, 1994. Oeuvre reproduite en page 100 sous le numéro 30 Exposition: - Galerie Lydia Conti, 1949 - Pierre Soulages, Kestner-Gesellschaft, Hanovre, Folkwang Museum, Essen, Gemeente Museum, La Haye, Kusthaus, Zurich, 1960-1961 PIERRE SOULAGES PEINTURE, 1949 Peinture, 1949, par Pierre Soulages, se trouve dans la même collection depuis 63 ans. Peu de temps après son achèvement, le tableau a en effet été acheté directement à l'artiste par ses propriétaires actuels. Tous les protagonistes étant encore présents, cette oeuvre est donc chargée d'une histoire rare, celle d'un engagement artistique dans la durée et la fidélité. Le nom et la personnalité même des collectionneurs résonnent d'un écho particulier dans l'histoire de l'art. Les Jaoul ont en effet le privilège d'avoir légué leur patronyme à la postérité, car à l'instar des Noailles ou des Savoye, il restera à jamais associé à un joyau architectural moderniste. Dessinées et construites par Le Corbusier au début des années 50, les maisons Jaoul à Neuilly-sur-Seine sont en effet reconnues comme un des chefs d'oeuvre de leur auteur. Habitées par la famille Jaoul de 1955 à 1987, leur livre d'or garde d'ailleurs la trace du pèlerinage qu'y ont effectué plusieurs générations d'architectes, de Richard Rodgers et Norman Foster jusqu'à Frank Gehry et Christian de Portzamparc. Le goût des Jaoul pour l'art contemporain est indissociable de leur intérêt pour l'architecture révolutionnaire de Le Corbusier. Comme en témoigne l'historienne Caroline Maniaque dans son ouvrage de référence Le Corbusier et les maisons Jaoul, paru aux Editions Picard en 2005: «Il semble aussi que le goût pour la peinture relie (André Jaoul et le Corbusier), voire les deux familles. Michel Jaoul (...) témoigne de l'intérêt soutenu que sa famille portait à l'art contemporain et du rôle de Le Corbusier dans la constitution d'un réseau de relations: Le Corbusier nous avait fait rencontrer René Drouin dont la galerie place Vendôme était, pendant la guerre, probablement la seule à présenter à Paris la peinture d'avant-garde, notamment Dubuffet, Wols, Singier. Michel Tapié en était l'un des inspirateurs avant de s'associer avec Daniel Cordier. Il y avait aussi la galerie Jeanne Bucher, qui présentait les travaux du peintre Hans Reichel (...). Puis nous avons fait la rencontre de Soulages, auquel nous avons acheté une toile, à son atelier en 1950 et avec qui nous sommes devenus amis... Toutes ces personnes se connaissaient.» Du reste, l'intérêt personnel de Pierre Soulages pour l'espace et sa mise en relation avec ses tableaux est naturellement un élément de convergence important avec les Jaoul. Selon Hans Ulrich Obrist, il s'agit même d'un des apports principaux de Soulages à l'art le plus actuel: «Par son oeuvre multidimensionnelle, qui croise une réflexion sur la peinture avec une approche singulière de l'architecture et de l'espace, Pierre Soulages continue d'inspirer de nouvelles générations d'artistes. Depuis quelques années, le lien qu'il a forgé entre la peinture et l'architecture a pris une importance particulière pour nombre d'artistes «d'Ai Wei Wei à Olafur Eliasson» qui ont étendu la sphère de leurs activités au domaine architectural, note-t-il dans le catalogue de la rétrospective consacrée à l'artiste par le Centre Pompidou en 2009. Peinture, 1949, est un tableau puissant, remarquable illustration de l'accès de l'artiste à une véritable maturité picturale, où la singularité de sa contribution à l'art abstrait éclate aux yeux des commentateurs les plus exigeants. A l'occasion de la première exposition personnelle de Soulages, à la Galerie Lydia Conti (cette Peinture, 1949 fut le tout premier tableau que l'artiste y exposa), le critique Charles Estienne remarque ainsi, dans le journal Combat, le 25 mai 1949: «Un graphisme simple, viril, presque rude, des harmonies sombres et chaudes, un sens naturel de la pâte et des possibilités spécifiques de la peinture à l'huile, et surtout peut-être, un son à la fois humain et concret, voilà l'apport de Soulages à la peinture abstraite actuelle». Dès cette année 1949, les caractéristiques fondamentales de l'art de Soulages sont solidement déterminées, jusqu'à cet outre-noir qui est devenu sa marque, et dont il dit aujourd'hui: «Ce que j'explore depuis plusieurs années est, pour une grande part, fondé sur la qualité particulière, l'éclat spécifique de la lumière réfléchie sur la toile, venant au-devant d'elle, transmutée par l'état de la surface et le noir qui la renvoie». Pour radicale qu'elle soit, la position de Soulages est en effet solidement ancrée dans une connaissance intime de l'histoire de la peinture, que relèvent les critiques dès ses débuts. Le poète Jean Rousselot écrit ainsi en juin 1949, toujours à l'occasion de l'exposition chez Lydia Conti: «Soulages retrouve la tradition de la pâte, de la matière, toute une science proprement plastique. Aucune des difficultés artisanales n'est esquivée par ce jeune peintre qui se veut cependant l'inspiration la plus dégagée qui soit (...). Aucun des tableaux de Soulages n'est fermé. C'est une proposition qu'il nous soumet (...). Avec ce peintre, dont les procédés ne sont guère différents des «classiques» nous tenons un «non figuratif» enfin sérieux, valable. Je pensais à Rembrandt, à Goya, à Monticelli et, plus encore, à Delacroix». Dès lors, la grandeur de l'oeuvre de Soulages ne fait aucun doute. Dans sa Chronique de l'oeil nu, Edouard Jaguer salue ainsi la même année: «L'entreprise de Soulages revêt une importance capitale, venant à l'heure où l'art traverse une crise de signification des plus graves (...). Il choisit de ne pas céder à l'enthousiasme créateur, de ne pas être dupe de son oeuvre; d'assumer une intervention permanente (...). Ces couleurs sont pour ainsi dire maçonnées, truellées (il n'était avant lui qu'un Permeke pour peindre ainsi). L'ensemble «tient» comme la charpente d'une maison, et l'on est entraîné par le dynamisme élémentaire, irrésistible de ce labour pictural - car tout cela aboutit à la spatialité idéale». Stéphane Corréard Le salon de la maison Jaoul en 1957: au mur la Peinture, 1949 de Pierre Soulages
Mes ordres d'achat
Informations sur la vente
Conditions de ventes
Retourner au catalogue
Cornette de Saint Cyr maison de ventes
6 avenue Hoche - 75008 Paris, France
Agrément 2002-379 / 2002-364
Tél : 33 (0)1 47 27 11 24
info@cornette-saintcyr.com





Quelques résultats