"Gainsbourg Still Alive" , Gainsbarre célébré par une vingtaine d'artistes contemporains

"Gainsbourg Still Aliva" FIGURE LIBRE 

20 ans après sa disparition, Gainsbarre célébré par une vingtaine d'artistes contemporains.


L''histoire est connue. Origi­nellement, bien avant d'écrire des chansons pour d'autres, voire de se mettre à les chanter lui-même, Serge Gains­bourg ne se consacrait qu'à la pein­ture, art majeur s'il en est. Parallèle­ment à des études d'architecture, autre art majeur, il avait travaillé avec Jean Puy et aussi André Lhote. Oui mais voilà, il n'était jamais content du résultat et il finit par détruire la quasi-intégralité de ses toiles. N'en subsiste quasiment qu'un très bel autoportrait conservé par sa sœur Jacqueline. C'est que, pour gagner sa vie, le pas encore beau Serge faisait pianiste de bar jusqu'aux petites heures du matin. Pas facile d'enchaî­ner sur de longues séances d'atelier. Pourtant, la peinture serait toujours présente dans un coin de son cibou­lot, alors qu'il persistait à considérer la chanson comme un art mineur. 


 

Comme un hommage à celui qui aurait pu être leur collègue 

Le journaliste Franck Maubert le savait bien, lui qui parvint plusieurs fois à le traîner au Louvre, où il s'exta­siait sur les chefs-d'œuvre de Delacroix et de Mantegna (Gains­bourg à rebours, éd. Fayard). Ici même, dans votre magazine, trois semaines après sa disparition en mars 1991, une vingtaine d'artistes lui avaient rendu hommage (Corn-bas, Speedy Graphito, César, Ernest Pignon-Ernest. .. ). C'est que, chez lui, rue de Verneuil, dans son musée noir et or où tout était maladivement rangé à sa place, il possédait, entre mille autres, une encre de Chine de Dali, peintre qu'il vénérait par­dessus tout. Alors, en 1985, le photo­graphe Roberto Battistini fit poser déjà Gainsbarre avec la célèbre moustache du Catalan, gravant l'un de ses plus incroyables portraits. Trois décennies plus tard, le même Battistini a confié sa célèbre image, son icône, à dix huit artistes, du vété­ran Jacques Villeglé -à 90 ans c'est l'un des tout derniers représentants du nouveau réalisme - à la grande spécialiste des labyrinthes, France de Ranchin, en passant par Erro ( qui fait côtoyer Gainsbourg avec Britney Spears, Poutine et Alfred E. Neuman, la mascotte de Mad), Peter Klasen, qui l'a maquillé d'un bout de billet cramé et d'un symbole anarchiste et, bien sûr, Hervé Di Rosa (photo). Il faudrait encore citer Stéphane Pen­créac'h et son Gainsbarre décapité (pour s'être réapproprié l'hymne national?), Les Paradis artificiels de Miguel Chevalier ou l'autoportrait «hybridé» d'Orlan. Autant d'hom­mages de plasticiens à celui qui aurait pu être leur collègue. Une belle expo etun sublime ouvrage en témoignent. 

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