Paris Match, la passion du photojournalisme

3 mai 2016 - 19h00 - 6 avenue Hoche 75008 Paris
Paris Match, la passion du photojournalisme



Paris Match est l’un des plus grands hebdomadaires français, magazine d’information couvrant l’actualité nationale et internationale. Il illustre ses sujets avec des photos percutantes et inédites qui ont fait sa force, sa signature. Les plus grands photographes ont collaboré avec la rédaction afin de faire de chaque article, couverture, reportage des sujets emblématiques et marquants pour les lecteurs...


Paris Match a toujours eu à coeur de conserver ce fonds photographique avec près de 15 millions de documents dans ses archives. Depuis 3 ans, une volonté de valorisation est née afin de promouvoir le travail des photojournalistes qui sont depuis le début les piliers du magazine. Pour la première fois, une vente aux enchères est organisée afin de donner aux amateurs, collectionneurs ou férus d’actualité la possibilité d’acquérir une des 145 photos uniques qui seront mises à l’encan. Tous ces clichés postérieurs sur papier baryté, encadrés, seront proposés avec une estimation unique de 1 500 / 2 500 € chaque. La vente s’articulera autour de quatre grandes thématiques représentatives de l’esprit Paris Match : les arts et la culture, le cinéma, des clichés inédits des photographes pris en toute liberté sans oublier les reportages qui ont fait de Paris Match une référence dans le paysage médiatique mondial.




Paris Match : magazine emblématique du patrimoine médiatique français

Paris Match fut crée en 1949 par Jean Prouvost qui avait repris en 1938 Match, un ancien hebdomadaire sportif transformé en magazine d’actualité. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Match avait cessé de paraître avant de renaître en 1949 sous le titre de Paris Match. Le premier numéro est paru le 25 mars 1949 avec en couverture la mythique photographie de Winston Churchill. Ce nouveau magazine s’inspire de la revue américaine Life en proposant de grands reportages sur l’actualité et de nombreuses photographies exclusives telle la Une historique du 19 août 1950 sur la conquête de l’Annapurna avec une photographie de Herzog qui brandit le drapeau français. Paris Match « le journal que l’on n’oublie pas dans les trains » connaît un grand succès jusqu’à la fin des années 1950, avec une diffusion de 1,8 millions d’exemplaires en 1958.

En 1976, le magazine est repris par Daniel Filipacchi puis entre dans le groupe Matra Hachette devenu Hachette Filipacchi Médias en 1997. Roger Thérond sera le directeur du magazine jusqu’en 1999 et le plus fervent défenseur de la devise du journal «le poids des mots, le choc des photos». Aujourd’hui Olivier Royant assure à son tour la direction de Paris Match avec la même attention portée aux sujets d’actualités majeurs mis en image par les photojournalistes de la maison.

OLIVIER ROYANT – Directeur de la rédaction de Paris Match

À l’aube de ses soixante-dix ans et pour cette première vente aux enchères de photographies en partenariat avec la prestigieuse maison Cornette de St Cyr, Paris Match rend hommage aux trois générations de photographes qui ont accompagné le journal depuis sa création. Cet hommage s’étend au photojournalisme, métier que nous aimons et soutenons depuis 1949. Les 145 photos mises en vente aujourd’hui sont issues des quinze millions d’images qui composent les archives de notre fabuleuse aventure journalistique. Chacune d’elles raconte une histoire. Qu’ils nous transportent dans les coulisses de la création artistique, du cinéma et de ses stars, sur leurs grands reportages de guerre ou de découvertes, les photographes de Match traquent l’événement avec une curiosité insatiable, à la recherche de ces moments vrais qui, fixés sur la pellicule deviennent des tranches de vies. Ce fameux et précieux « instant décisif » cher à Cartier-Bresson a parfois été saisi par nos photographes en marge de leurs reportages. Hors du temps, hors du travail de commande, par pur plaisir. Oubliant qu’il est reporter, le photographe s’improvise alors flâneur humaniste. Son regard libre et décalé sur les êtres et les situations apporte ainsi un témoignage inédit sur l’époque et l’air du temps. D’un moment fugace, la photo fait alors l’éternité.





Art et Culture
Avec 28 tirages consacrés aux arts et à la culture nous plongerons dans la vie et les instants marquants des plus grands artistes depuis 1949. D’un moment d’intimité de Matisse alité peignant sur un mur les futurs dessins de la Chapelle de Vence saisi par Walter Carone à ce cliché de Jacques Brel lors de sa tournée d’Adieu en 1966 par Jack Garofalo en passant par une iconique photo d’Hergé devant une affiche de Tintin et Milou à Bruxelles de André Lefebvre, toute la création artistique est ainsi représentée.

Citons tout particulièrement :
Jacques LANGE (1947-)
Ray Charles lors du tournage d’un spot publicitaire pour la Peugeot 306 cabriolet sur le Grand lac salé, dans l’Utah. Mars 1994.
Jacques LANGE menait l’existence paisible d’un professeur de français dans un lycée de l’Oise, à Beauvais, quand son beau-frère, Jean Ker, le roi des faits divers, l’a convaincu de quitter cette existence un peu trop paisible. Il rejoint l’équipe de Paris Match en 1978 et travaille en équipe, avec André Gordeaux. Le duo enchaîne les scoops. Leur première « double page » dans Match sera une photo volée de Mémé Guerini, le caïd de Marseille sur son lit d’hôpital. Ensuite, envoyés à Alger, ils parviennent à retrouver et à photographier Ben Bella, le héros de la Révolution algérienne, écarté du pouvoir et que personne n’avait plus vu depuis 14 ans ! Par la suite, toujours avec des petits appareils discrets ou de longs téléobjectifs, ils dénoncent la saleté dans divers hôpitaux parisiens, et font découvrir la vie des « nouveaux clochards » ou celle des squatters. En 1980, ils passent le rideau de fer dans un camping-car pour montrer la réalité et le quotidien des habitants de ces pays sous le joug communiste. Peu à peu, Jacques s’éloigne du monde de la « planque » pour devenir un photographe de rendez-vous avec les célébrités.

Gilles VIRGLI (1947-2008)
Rudolf NOUREEV dansant en costume sur le toit de l’Opéra de Paris, lors des répétitions de «Manfred». 10 Octobre 1979.




Cinéma
Paris Match défend aussi au fil de ses pages le cinéma français et international. Plus de 60 photographies sur ce thème enrichiront cette exceptionnelle vente. Chaque festival de Cannes fut l’occasion pour le magazine de mettre en lumière les acteurs, actrices, réalisateurs mais également les personnalités présentes comme l’illustre cette photo par Jack Garofalo et Michou Simon de François Mitterrand lors de l’ouverture du Festival de Cannes en 1956. La vie des tournages sera également révélée avec ces deux clichés de Philippe Le Tellier : un mythique portrait de Catherine Deneuve et Françoise Dorleac lors des Demoiselles de Rochefort et une iconique photo de Romy SCHNEIDER allongée sur Alain DELON tous deux en maillot de bain, le corps mouillé pour le film La piscine. Sans oublier un instant volé par Walter Carone de Fernandel en soutane dans les rues de Rome lors du tournage du film le Retour de Don Camillo en 1952. Les artistes internationaux seront également mis à l’honneur avec une amusante photo par René Vital de Clark Gable posant avec un policier sur les Champs-Elysées, un terrifiant portrait de Jack Nicholson lors de la première de Chinatowm en 1974 ou encore ce moment d’intimité avec Yul Brynner se rasant le crâne à Paris en 1957 par Jack Garofalo toutes les deux.

Citons tout particulièrement :

Claude AZOULAY (1934-)
Tournage «Le clan des Siciliens», Mai 1969
Sur le tournage du film «Le clan des Siciliens» d’Henri Verneuil, dans les studios de Saint-Maurice. L’équipe du film pose dans les fauteuils de l’avion Boeing reconstitué, avec Lino Ventura, Alain Delon, Jean Gabin, Henri Verneuil, Karen Blanguernon, Irina Demick et Edward Meeks.
Claude AZOULAY est entré à Paris Match en 1954. Guerre d’Algérie, guerres des Six-Jours ou du Kippour, Liban, Yougoslavie… Sa carrière suit les grands drames de la deuxième moitié du XXe siècle. Mais l’actualité le pousse aussi vers Saint-Tropez, Londres ou Hollywood sur les plateaux de tournage face à Brigitte Bardot, Marilyn Monroe ou John Huston, et dans les ateliers d’artistes comme le sombre Bacon ou l’excentrique Warhol… « Bonheurs, amours, joies, fêtes, guerres catastrophes naturelles, rien de ce qui concerne l’homme ne m’est étranger. »

Hubert FANTHOMME (1957-).
Portrait de Jacques Villeret, novembre 2000
Jacques Villeret caché derrière un fauteuil de la salle du théâtre Fontaine, à Paris, où il joue la pièce «Jeffrey Bernard est souffrant». Novembre 2000. Cette photo fit la Couverture de Paris Match n°2907 le 3.02.2005 avec pour titre « JACQUES VILLERET : DERNIER ACTE D’UNE COMEDIE TRAGIQUE »




Né le 3 mai 1957 à Midelt au Maroc. Passionné de photo depuis l’adolescence, il est primé au concours inter-lycée avec les établissements Louis Le Grand et Lavoisier. En 1977, il est reçu à l’école Louis Lumière, section photo puis en 1979 il réalise les tirages d’exposition en grand format pour Helmut Newton. Après avoir collaboré avec le réalisateur, François Reichenbach, il entre en 1982 à Paris Match. En 2005, lui est décerné le prix de la meilleure couverture magazine de l’année avec la photo de Jacques Villeret. Dans une quête du mystère humain dans toute sa diversité, il photographie Andrée Putman, Botéro, Zao Wouki, Woody Allen, César, Niki de Saint Phalle, Gilbert et George, Sonia Rykiel, Pierre et Gilles… A plusieurs reprises avec de riches échanches Pierre Soulages, François Pinault, Isabelle Adjani, Marion Cotillard, Geneviève Asse, Sylvie Testud, Jacques Villeret, Nathalie Dessay, François Cluzet, Claire Brétécher… et ces anonymes rencontrés au fil des reportages laissant des souvenirs inoubliables, ( les prématurés, les grands brulés, les bébés bulles, Le Louvre, Versailles, Le centre Pompidou, Restauration du Grand Palais…). Roger Thérond a écrit : «Hubert Fanthomme est un photographe dont le souci de la recherche artistique, des détails enrichissants, de la belle lumière va de pair avec l’amour de la photographie sans exclusive.»

Jack GAROFALO (1923-2004).
Brigitte Bardot lors du 10ème Festival de Cannes. 9 mai 1957.
Jack GAROFALO appartient à la première équipe de Match, celle qui fut réunie autour de Jean Prouvost, ancien patron de Paris-Soir, le grand quotidien d’avant-guerre. C’est Daniel Filipacchi, alors reporter, qui le présente à Jean Rigade et André Lacaze, jeunes journalistes animés d’un enthousiasme auquel seuls peuvent goûter les rescapés des années difficiles. Dans cette rédaction, installée à deux pas des Champs-Elysées, où la camaraderie le dispute à l’esprit de compétition, les photographes sont des enfants gâtés capables de prendre tous les risques pour un scoop. Jack Garofalo est un pur produit de cet âge d’or. Artiste dilettante, il aurait aussi bien pu écrire que faire des photos. Sa distance le met à l’abri des engouements éphémères. Son regard amusé caresse les stars sans se laisser piéger par elles. Tombé amoureux des plages de Saint-Tropez à l’époque où elles sont encore des déserts, il ira au bout du monde pour retrouver leur solitude, ramenant à Paris une fausse nonchalance qui lui permet de guetter l’instant, comme le chat le moineau.

François GRAGNON (1929-)
Alfred Hitchcock au 16ème Festival de Cannes pour présenter son film «Les Oiseaux». Mai 1963.
François GRAGNON rejoint Paris Match en 1956, après cinq années passées à France Dimanche. En 1963, Hitchcock vient à Cannes présenter son dernier film, Les Oiseaux. Gragnon lui demande de le photographier tôt le matin sur une plage discrète pour éviter de rencontrer la concurrence. «Vous savez que je marche sur les eaux, comme Jésus !» lui lance Hitchcock. Et le réalisateur de s’enfoncer, imperturbable, dans la mer, en ressortir trempé et s’excuser : «Aujourd’hui, cela n’a pas marché !»





Nos photographes en liberté
Une des principales forces de Paris Match est depuis le début la qualité et le talent de ses photojournalistes. Bien plus que de bons professionnels, chaque photographe a son oeil, sa vision et sa part artistique. Ce thème de la vente leur rend hommage et offre à tous les collectionneurs l’opportunité unique d’acquérir un tirage inédit d’instants volés par les photographes lors de leurs missions mais avec leur sensibilité et leur approche du sujet non commandé. Parmi les 15 clichés présentés :

IZIS (1911-1980).
À Paris, un homme en uniforme embrasse sa compagne avant de fermer les grilles d’entrée d’une station de métro. Hiver 1950.




Reportages
Comment parler de Paris Match sans citer l’essence même du magazine : les reportages. Au travers de 43 photographies, cette vente vous propose de voyager au coeur des évènements les plus marquants de ces dernières décennies. Chaque conflit, élection, inauguration, fait marquant a été couvert par les photojournalistes de Paris Match. Bien plus que de simples photos, elles sont le témoignage de notre histoire aussi bien passée qu’actuelle. De la construction du mur de Berlin en 1961 par Patrice Habans à sa chute en 1989, cliché de Benoit Gysembergh. De la guerre du Golfe avec cette photo des puits de pétrole du Koweit brûlant à la fin du conflit en 1991 à cette image du retour de Hutus au Rwanda suite aux attaques Tutsis en 1996 les deux par Benoit Gysembergh. De ce cliché de la campagne électorale du Général de Gaulle au Palais des sports en 1965 par Jack Garofalo au mythique sourire de Daniel Cohn-Bendit à un policier le 6 mai 1968 par Georges Melet. C’est bien toute notre histoire que nous visitons. Mais les reportages sont également sociaux avec ces deux clichés de Jack Garofalo le Bronx en 1977 et les mines de Diamants à Johannesburg. Sur une note plus légère, Paris Match nous a également fait découvrir les coulisses du Crazy Horse en 2007 grâce à Vlada Krassilnikova et le quotidien des vacanciers avec un pique-nique sur la Côte d’Azur en 1955 par François Pages. Parmi les oeuvres les plus marquantes voici :

Benoit GYSEMBERGH (1954-2013).
Jeune Soldat Tsahal, septembre 1982
Après l’assassinat de Béchir Gemayel, le 14 septembre, Menahem Begin et Ariel Sharon ont lancé leurs troupes sur Beyrouth-Ouest et ses camps palestiniens évacués depuis une semaine par les combattants de l’O.l.P. La fatigue se lit dans les yeux d’un jeune soldat de Tsahal. Septembre 1982.

Benoit GYSEMBERGH est né le 13 août 1954 à Dinard, en Bretagne, il découvre la photographie d’abord grâce au Leica d’un surveillant du lycée qui le laisse sécher les cours afin qu’il prenne ses premières images. Puis, au Relais de Montmartre, un restaurant-galerie parisien où il est barman tout en écoutant attentivement les conversations de clients parmi lesquels Cartier-Bresson, Doisneau et Sieff. A 23 ans, il découvre la guerre en Erythrée, une province d’Ethiopie qui se bat alors pour son indépendance. Sous les conseils de son ami Patrick Bruchet, il rejoint la guérilla. Les deux jeunes photographes financent eux-mêmes leur reportage, qui se transforme peu à peu en véritable calvaire. Ce périple leur permet néanmoins de dévoiler au monde entier les premières images de cette guerre qui effraie tant la Corne de l’Afrique. Grâce à ces clichés, Benoit Gysembergh est embauché par Paris Match, début d’une collaboration qui dure 35 ans et donne naissance à 500 parutions en double pages. La chance accompagne tout au long de sa carrière ce photoreporter alternant portraits de stars en noir et blanc et témoignages sur le terrain, dont certains proviennent des conflits les plus dangereux du monde. « Je n’ai jamais aimé la guerre » admet-il. Plus que l’adrénaline, Benoit Gysembergh aimait la vie et les gens. Son plus grand talent ? La merveilleuse complicité qu’il partageait avec ses sujets. Etre oublié, tout en étant omniprésent, tel était son crédo.

Sébastien MICKE (1977-)
Portrait de Mike Tyson, 22 novembre 2013.
Pour la sortie de son livre de mémoires, Mike Tyson, ancien champion du monde de boxe, a reçu Paris Match chez lui, à Las Vegas. Mike Tyson avait une idée bien précise pour le motif de son tatouage facial : des coeurs. Son tatoueur lui a conseillé de choisir un symbole maori.

Cette photo est parue dans Paris Match n°3367 le 28.11.2013 pour illustrer l’article « MIKE TYSON A GAGNE SON COMBAT CONTRE LUI-MEME»

Sébastien MICKE est l’un des derniers photographes à avoir rejoint la rédaction de Paris Match, en 1999. Son père, responsable des jardins de la ville de Sète, rêvait de le voir devenir médecin. Membre de l’équipe de réserve de water-polo de Sète, championne de France, Sébastien décide, lui, de rejoindre le CREPS de Montpellier. Mais se voyant mal terminer professeur de sport, il sollicite durant l’été 1988 auprès de Guillaume Clavières un stage au service photo de Paris Match. Il a la chance de pouvoir rapidement remplacer Kasia Wandycz, au service de la célèbre rubrique d’Agathe Godard. Quatre années durant, il photographie les nuits parisiennes. Le Sétois à l’accent chantant a su notamment convaincre le mannequin réunionnais aux yeux verts, Noémie Lenoir, de poser nue, s’ouvrant ainsi la grande porte du magazine. Envoyé en 2008 au bureau de New-York, Sébastien produit aujourd’hui les plus belles séries photographiques d’actrices et acteurs du 7e art français et américain.





Vente aux enchères le mardi 3 mai 2016 à 19h - 6 avenue hoche 75008 Paris

Expositions publiques :
du 27 Avril au 3 Mai 2016 de 10h à 18h - 6, av Hoche 75008

RELATIONS PRESSE : Anne d’Artigue
communication@cornette-saintcyr.com - 06 77 07 09 88