La Garde-Robe d'Hélène Rochas

12 mai 2016 - 14h30 - 6 avenue Hoche 75008 Paris

L'élégance à la française
Hélène Rochas incarna toute sa vie l’élégance à la française et fut une des figures emblématiques de la mode depuis le milieu des années 40. La dispersion de sa garde robe est un événement avec près de 200 pièces dont près de 80 pour cent de création d’Yves Saint Laurent dont elle fut si proche.
Elle disait de lui « le seul qui ait su concilier à la fois l’esprit créatif de la Haute - Couture et ce désir de simplification typique de la femme moderne. (…) Pour un créateur de mode, le plus dur ce n’est pas d’ajouter une broderie par-ci, un imprimé par-là. Le plus dur, c’est de se limiter »
Extrait de Vogue (Paris) décembre 1995, « Les carnets de mode d’Hélène » Danièle Bott.

Cette vente offre pour la première fois à tous les collectionneurs, admirateurs ou fashionista l’occasion d’acquérir une pièce de cette mythique garde robe.



Hélène Rochas que les médias américains avaient surnommée « la panthère sophistiquée » était d’une beauté stupéfiante qui avait conquis Marcel Rochas, couturier renommé, de plus de 20 ans son aîné, rencontré par hasard pendant l’occupation dans le métro parisien. Elle disait souvent « j’ai eu beaucoup de chance … »

Consciente que le destin pour effacer le souvenir d’une enfance qui n’avait pas été très heureuse avait été ensuite particulièrement généreux avec elle. Avec Marcel Rochas de chrysalide elle devient papillon virevoltant et séduisant le Tout-Paris qui découvre la beauté et le charme de cette débutante. Sa curiosité et son intelligence lui permettent de se hisser au niveau de ce monde fermé et d’en apprendre les codes. Elle avait un nom, elle se fait un prénom qui devient la référence de l’élégance et du bon goût. Le décor de son appartement rue Barbet de Jouy, qu’elle ne quitta jamais, change et s’adapte comme elle à l’esprit du temps et à son humeur sans renier le classicisme originel du mobilier XVIIIème siècle et Empire acquis avec Marcel Rochas. A sa mort à l’âge de 53 ans, elle se retrouve seule avec ses enfants, François et Sophie, et prend la présidence des Parfums Rochas assumant le challenge d’être la plus jeune dirigeante de France. Sa créativité s’exprime avec le lancement de nouveaux parfums qui comme « Madame Rochas » et « Eau de Rochas » connaissent un succès mondial est propulse la société à un statut international qu’elle vend en 1971.

Au grès de ses rencontres elle tisse un réseau de relations et d’amitiés dont la qualité reflète sa recherche de l’excellence. Avec Marcel Rochas, elle fréquente Eluard, Aragon, Cocteau, découvre les Ballets Russes, les surréalistes et les salons des mécènes Marie Laure de Noailles, Arturo Lopez, Charles de Beistegui, qui donnent bals et fêtes plus somptueux les uns que les autres. Son second mari, l’impresario André Bernheim lui ouvre les portes du monde du théâtre et du cinéma qu’elle avait entrebâillées lorsque, jeune fille, elle suivait les cours de comédie de René Simon. Dans leur maison de campagne se retrouve le week-end un mélange cosmopolite d’auteurs et de comédiens que dominent l’imposante stature de Joseph Kessel. Avec Kim d’Estainville, son dernier compagnon, elle intègre la Jet society, découvre les festivals lyriques de Bayreuth et Salzbourg, l’art contemporain et le mobilier 1930, les voyages lointains, les milliardaires américains et armateurs grecs. Cette vie facile ne la coupe pas du monde et de la France qu’elle adore et encore moins des réalités.

De nature généreuse, elle aide et soutient la création artistique avec son amie Claude Pompidou. Son éclectisme et sa curiosité lui permettent de s’adapter aux mutations de la société sans se départir d’un bon sens terrien qu’elle puise dans ses origines picardes. Plusieurs fois élue parmi les femmes les plus élégantes du monde, elle saura par petites touches modifier son aspect tout en conservant un style très personnel. Son look, sa coupe de cheveux et sa garde-robe accompagnent cette évolution. A la disparition de Marcel Rochas, elle s’habille chez Guy Laroche, Chanel, Givenchy ou madame Grès puis jusqu’à ses adieux à la Haute Couture chez son ami Yves Saint Laurent dont les créations représentaient pour elle la quintessence de l’élégance et de la modernité.

Biographie d’Hélène Rochas



Une passion pour les modèles Yves Saint Laurent haute couture

Hélène Rochas, suite à sa rencontre avec Yves Saint Laurent, fut fidèle à ce créateur de génie et ambassadrice de ce style qui n’appartenait qu’à lui. La plupart des pièces Haute Couture de sa garde robe ont fait l’objet de publications et d’expositions témoignant de l’art qu’Hélène Rochas avait à choisir les modèles iconiques de chaque collection.

Yves SAINT LAURENT, haute couture, n°15517, Printemps - Eté 1967
Collection Africaine
Robe du soir en toile et soie imprimée à motif floral stylisé dans les coloris parme, orange, violet sur fond noir, de forme évasée, poitrine ornée d’une broderie de perles, de strass en coordonné, rehaussée d’un collier d’inspiration ethnique. Estimation : 3 000 - 4 000 euros

Yves SAINT LAURENT, haute couture, n°22441, Printemps - Eté 1969
Ensemble en soie tabac composé d’une chemise-tunique à col cranté, simple boutonnage en nacre serti de métal, deux poches sous rabats avec rappel des boutons, manches longues à poignets mousquetaires.
Ce modèle fut publié dans L’Officiel 1000 modèles Yves Saint Laurent 1962 - 2002, Hors Série n°1
Estimation : 400 - 600 euros

Yves SAINT LAURENT, haute couture, n°22640, Printemps - Eté 1969
Ensemble du soir comprenant une blouse en organza imprimé à motif floral psychédélique multicolore, ras du cou, simple boutonnage, manches longues bouffantes, se porte sur une jupe longue de patchwork composée de triangles de soie imprimée coordonnée aux couleurs de la blouse, taille soulignée d’un ruban de satin fuchsia.
Cet ensemble figure dans le catalogue de l’exposition Yves Saint Laurent, musée des Beaux Arts de la ville de Paris en 2010 ainsi que dans celui de l’exposition Yves Saint Laurent Style qui a eu lieu en 2008 à Montréal et dans la rétrospective Yves Saint Laurent à Sydney en 1987.
Il fut également publié dans L’Officiel hors série Yves Saint Laurent collection 1957-2002, 2500 modèles. Un modèle identique fut commandé par son altesse la duchesse de Windsor, son altesse la princesse Grace de Monaco, Nan Kempner...
Estimation : 2 500 - 3 000 euros

Yves SAINT LAURENT, haute couture, n°23647, Automne - Hiver 1969
Ensemble pantalon en broché lurex or et argent à motifs végétaux, composé d’une tunique d’inspiration indienne à encolure ronde, ornée d’une broderie figurant une boteh sertie de paillettes et de strass, bas des manches longues et de la tunique, et du pantalon rond à l’identique.
Estimation : 3 000 - 4 000 euros

Yves SAINT LAURENT, haute couture, n°39612, Printemps - Eté 1976
Ensemble composé d’une longue tunique en soie imprimée de motifs floraux rouges, blancs sur fond noir, gansée de soie rouge, cotés fendus, et d’un pantalon large en soie noire avec rappel de la ganse.
Ensemble publié dans L’Officiel 1000 modèles Yves Saint Laurent 1962 - 2002, Hors Série n°1.
Estimation : 1 500 - 1 700 euros

Yves SAINT LAURENT, haute couture, n°54757, Automne - Hiver 1982
Ensemble en cuir bleu nuit, composé d’un spencer à col châle cranté en velours, boutonnage à un bouton sur parmentures découpées, effet de coutures sellier, rappel du velours aux revers des manches longues, jupe droite.
Cet ensemble est reproduit dans le catalogue Yves Saint Laurent, Metropolitan Museum of Art, New York, 1983
Estimation : 400 - 500 euros

Yves SAINT LAURENT, haute couture, n°60946, Automne - Hiver 1986
Robe de cocktail buste en velours noir, décolleté en V, soulignant la poitrine par des pinces, et une découpe allant jusqu’aux hanches en dentelle sur la jupe droite, manches longues épaulées.
Griffe blanche, graphisme noir.
Robe publiée dans L’Officiel 1000 modèles Yves Saint Laurent 1962 - 2002, Hors Série n°1
Estimation : 400 - 600 euros

Yves SAINT LAURENT, haute couture, n°62284,
Tailleur smoking en gabardine de laine marine, veste à col châle cranté.
Dont un revers en satin marine, boutonnage à un bouton, trois poches, manches longues, jupe droite à taille froncée, fendue sur un coté, taille de la jupe soulignée d’une ceinture de satin. Griffe blanche, graphisme noir.
Estimation : 450 - 500 euros

« Figure marquante de la mondanité de la seconde partie du XXème siècle, elle est d’une beauté célèbre magnifiée par les robes d’ Yves Saint Laurent »

Extrait du catalogue de l’exposition « Yves Saint Laurent », musée des Beaux Arts de la ville de Paris du 11 mars au 29 août 2010.




Une élégance au naturel toujours avec Yves Saint Laurent

Hélène Rochas n’était pas que l’icône de la jet society des années 50, 60, 70, ce fut également une véritable femme d’affaire qui a su allier toute sa vie élégance et simplicité, restant toujours fidèle à Yves Saint Laurent. Cette vente permettra aux collectionneur d’acquérir des pièces plus sobres qu’elle portait tous les jours.

Yves SAINT LAURENT, rive gauche
Tailleur en panne de velours violet, composé d’une veste à col châle cranté,
Boutonnage à un bouton, poches sous rabats, manches longues, d’une jupe droite.
Estimation : 150 - 200 euros

Yves SAINT LAURENT, rive gauche
Ensemble en soie polyester imprimée panthère rehaussé de pointillés, composé d’une veste à col cranté, simple boutonnage en métal doré, manches longues épaulées avec revers, jupe souple portefeuille avec drapé, longueur asymétrique.
Estimation : 150 - 200 euros


Yves SAINT LAURENT, rive gauche circa 1980
Tailleur smoking en gabardine de laine rouge composé d’un spencer à encolure et parmentures gansées de satin noir, jupe noire à pinces agrémentée de deux poches en biais, une ceinture de satin noir également souligne la taille de la jupe.
Estimation : 80 - 150 euros




Hélène Rochas - Figure emblématique des soirées mondaines

Elle fut à partir des années 50 une des personnalités les plus en vue des soirées chic du monde entier, qu’elle en soit l’organisatrice ou l’invitée ; toutes ses tenues sont restées mythiques aussi bien pour les témoins de ces réceptions que pour les chroniqueurs de l’époque.

GRÈS, haute couture, circa 1975 / 1977
Ensemble du soir en mousseline plissée marine, composé d’un haut, se pressionnant sur la jupe, à profond décolleté en pointe, se nouant aux épaules, jupe longue plissé soleil agrémentée d’une ceinture à triple tours de même tissus.
Estimation : 800 - 1 200 euros

M. ROCHAS
Veste en crêpe blanc recouvert de dentelle de Chantilly mécanique noire, col châle cranté dont une partie en velours noir, double boutonnage, poches sous rabats, manches longues. Sans griffe
Estimation : 250 - 300 euros

N. ANONYME, circa 1997
Coiffe de bal figurant une couronne composée de strass à l’imitation brillants, de motifs en pâte de verre, de fleurs en rhodoïd, et de perles en verre soufflé multicolore, rehaussée de crin.
Hélène Rochas porta cette coiffe lors du bal « Bleu » le 24 novembre 1997.
Estimation : 150 - 200 euros




Vente aux enchères le jeudi 12 mai 2016 à 14h30 - 6 avenue hoche 75008 Paris

Expositions publiques :
Le lundi 9 mai de 14h à 18h et les mardi 10 et mercredi11 mai de 10h à 18h - 6, av Hoche 75008

Expert : Cabinet Chombert & Sternbach

RELATIONS PRESSE : Anne d’Artigue
communication@cornette-saintcyr.com - 06 77 07 09 88