Collection Jean-Marie Drot

Art Contemporain

Spécialité emblématique de la maison de vente Cornette de Saint Cyr, l’art contemporain sera à l’honneur avec ces deux jours de ventes. La première vacation du 9 juin à 19h regroupera les chefs d’oeuvres de la collection de Jean-Marie Drot ainsi que des oeuvres majeures des plus grands artistes contemporains : Padamsee Akbar, Lebenstein, Pierre Soulages, Jean-Michel Basquiat, Antonio Saura, Chen Zen… Vendredi 10 juin sera proposé la collection de Jean Marie Drot avec des artistes lui étant chers tels que Fateh Moudarres, Jean Miotte, Alekos Fassionas ou encore Gaitis livrant tout l’univers de ce grand homme de la culture.

Ce seront près de 400 oeuvres qui seront dispersées sur des estimations allant de quelques milliers d’euros à plusieurs centaines de milliers.



Collection Jean-Marie Drot : La collection d'un vagabond cosmopolite

Au-delà des oeuvres qui la composent, chaque collection est un autoportrait de celui qui l’a rassemblée. Ainsi, une collection d’historien d’art est par nature doublement passionnante : elle raconte le déroulé d’une vie, ses rencontres, ses hasards, mais elle reflète aussi des engagements, des partis-pris, une vision de l’art à un moment donné. Dans le cas de Jean-Marie Drot, l’aventure est rendue plus passionnante encore par son attirance jamais démentie pour l’ « ailleurs », les autres cultures, les civilisations mal connues. Construite au gré des échanges, des cadeaux, des admirations réciproques, la Collection de Jean-Marie Drot livre un témoignage unique sur l’histoire de l’art de la seconde moitié du vingtième siècle, tous continents confondus.

Jean-Marie Drot

Né le 2 mars 1929 à Nancy et mort le 23 septembre 2015 à Chatou, cet écrivain et documentariste français a été un témoin engagé de l’art de son temps, ayant notamment dirigé la Villa Médicis à Rome de 1985 à 1994.

Elève de l’École normale supérieure, Jean-Marie Drot a très tôt été attiré par les horizons nouveaux, ayant notamment effectué aux États-Unis une partie de sa scolarité. A son retour, il pénètre par hasard dans l’univers balbutiant de la télévision, réalisant pour le compte du Vatican des entretiens fouillés avec de grands artistes dont Roberto Rossellini, Luchino Visconti ou Paul Claudel… Devenu réalisateur, il conçoit au cours des années cinquante plusieurs films sur l’art européen, dont « Les Enfants de Varsovie » (1956, en collaboration avec Roman Polanski), et « La Rome de Giorgio De Chirico » (1957, avec la complicité de l’artiste lui-même).

S’alarmant de la disparition progressive du quartier de la bohème parisienne, il débute en 1960 le tournage de son documentaire consacré aux « Heures chaudes de Montparnasse », qui connaîtra un très grand succès, donnant lieu à quatorze épisodes. Parallèlement, il consacre plusieurs films monographiques aux artistes majeurs de l’Ecole de Paris, souvent d’origine étrangère comme Amedeo Modigliani ou Alberto Giacometti, mais aussi à des figures singulières, à l’instar de Joseph Delteil ou Marcel Duchamp.

Les années quatre-vingts offrent à Jean-Marie Drot l’opportunité d’exercer des responsabilités majeures dans le champ culturel, avec une forte dimension internationale : conseiller culturel auprès de l’Ambassade de France en Grèce et directeur de l’Institut français d’Athènes de 1982 à 1984, il succède l’année suivante à Jean Leymarie à la direction de l’Académie de France à Rome.

D’Haïti à la Pologne, de l’Inde à la Grèce, Jean Marie Drot aura partagé avec son ami André Malraux cette soif d’aventure et de découverte dont témoignent ses demeures, musées fabuleux où ce poète passionné a su réunir harmonieusement les oeuvres des grands artistes, qu’il aura souvent désignés et défendus parmi les premiers.



Une collection à cheval entre la France et la Grèce

En 1999, Jean-Marie Drot prévenait, dans « Des îles comme des hommes » : «On part vers une île à la fois pour disparaître, pour couper, et dans un rêve de totale métamorphose, mais on sait bien en même temps qu’on va sur l’île pour être plus disponible à certaines rencontres...». Symbole de son amour pour les voyages, c’est en Grèce, sur l’île d’Ios, que Jean-Marie Drot avait appris à se rendre « disponible à certaines rencontres », consacrant plus de vingt années à y édifier une demeure où il se plaisait tant qu’il a demandé à ce que ses cendres soient dispersées à proximité. Avec fierté, mais également malice, il y avait réservé une place importante à ce qu’il aimait appeler le « Musée Jean-Marie Drot », non pas imaginaire, comme celui de son compagnon de route André Malraux, mais un musée « imaginé » par lui, en souvenir de ses rencontres aux quatre coins du monde, avec des artistes dont il est resté proche jusqu’à la fin, au premier rang desquels les grecs Gaïtis ou Fassianos, mais aussi des peintres polonais, haïtiens, indiens…

Retour en France : à Chatou non plus l’eau n’est jamais loin, mais c’est celle de la majestueuse Seine. La porte du jardin franchie, un véritable musée en plein air accueille le visiteur ; arbres aux troncs colorés, personnages en bois sculpté, l’esprit de Jean-Marie Drot l’accompagne jusqu’aux graciles constructions imbriquées qui forment une extraordinaire tanière d’écrivain.

Extraite des collections rassemblées sur l’île d’Ios et à Chatou, la vacation rassemble plusieurs dizaines d’oeuvres originales représentatives des goûts et des rencontres de Jean-Marie Drot.


Les artistes principaux de sa collection :

Fateh Al-Moudarres (1922-1999) est un peintre syrien, pilier de l’art plastique dans le monde arabe. Ayant étudié à Rome à la fin des années cinquante, il passe trois ans à Paris au début des années soixante-dix, avant de devenir professeur à la faculté des Beaux-Arts de l’Université de Damas. Son art combine les influences des civilisations anciennes et la réalité du monde contemporain dans un expressionnisme très personnel.

Fateh Al-Moudarres
Sans titre, 1950
Huile sur toile Signée et datée en bas à droite. Dim. : 40 x 32 cm
Estimation : 2000 / 3 000 €

Tadeusz Brzozowski (1918-1987) est un peintre polonais. Membre du collectif d’avant-garde connu sous le nom de « Groupe de Cracovie », il a été professeur au Lycée des Arts Décoratifs de Zakopane avant d’en devenir le directeur. Tenant de l’expressionnisme abstrait, il témoigne d’une réelle audace formelle, notamment dans ses accords colorés.

Tadeusz Brzozowski
Huncwoty, 1966
Huile sur toile, signée et datée au dos. Dim. : 150 x 118 cm
Estimation : 20 000 / 30 000 €

Alekos Fassianos (né en 1935) est un peintre grec. Dès les années soixante, il expose dans les plus grandes galeries internationales, notamment chez Paul Facchetti puis chez son compatriote Alexandre Iolas. Reconnaissable netre tous, son style témoigne de ses influences et de ses obsessions, entre la mythologie des Dieux de l’Olympe et le mouvement perpétuel de notre monde.

Alekos Fassianos
Sans titre, 1967
Huile sur toile Signée et datée en haut au centre. Dim. : 145 x 114 cm
Estimation : 8 000 / 12 000 €

Yannis Gaïtis (1923-1984) est un peintre et sculpteur grec. Expressionniste au départ, son art évolue rapidement vers une évocation assez Pop de l’homme stéréotypé et standardisé, dont la silhouette immuable se démultiplie à l’infini, dans ses tableaux, sculptures ou bas-reliefs. Figure majeure de l’île d’Ios, un musée lui est consacré, bâti d’après les plans de Loretta Gaïtis.

Yannis Gaïtis
Sans titre
Huile sur toile, signée en bas à droite. Dim. : 130 x 295 cm
Estimation : 15 000 / 20 000 €

Key Hiraga (1936-2000) est un peintre japonais. Dès son arrivée à Paris en 1965, il s’inscrit dans l’élan de liberté créatrice propre à cette période où surgissent des mouvements artistiques comme la Figuration narrative ou le Pop Art. Il participe également à l’aventure du groupe ORA, réuni par le critique d’art Gérald Gassiot-Talabot. Stridente et mordante, sa peinture évoque les créations de son compatriote Tetsumi Kudo, comme lui préoccupé par les dérives de la société contemporaine, perceptibles jusque dans les profondeurs du corps et de l’esprit humains.

Key Hiraga
Sans titre
Huile sur toile, signée et datée à droite au centre, contresignée et datée au dos. Dim. : 92 x 74 cm
Estimation : 12 000 / 18 000 €

Jan Lebenstein (1930-1999) est un peintre et graphiste polonais. Après des études à l’Académie des beaux-arts de Varsovie, il reçoit en 1959 le Grand Prix de la Biennale de la jeunesse à Paris. La même année, il s’y installe dans la capitale et adopte la nationalité française. Protéiforme, son art est fortement imaginatif, à la limité du surréalisme.

Jan Lebenstein
Sans titre, 1959
Huile sur toile, signée et datée en bas à droite.
Dim. : 180 x 65 cm
Estimation : 20 000 / 30 000 €



Jean Miotte (1926-2016) est un peintre français représentatif de l’abstraction lyrique. En 1961, il reçoit le grand prix de la Ford Foundation, ce qui lui donne l’occasion de s’installer aux Etats-Unis. Puissante et énergique, sa peinture se caractérise par sa rapidité d’exécution et son rapport à l’espace, dans une palette singulière, où dominent le noir, le blanc, le rouge et l’ocre.

Jean Miotte
Sans titre
Huile sur toile. Dim. : 130 x 98 cm
Dim. : 8 000 / 10 000 €

Akbar Padamsee (né en 1928) est un peintre indien. Il est considéré comme l’un des pionniers dans la peinture indienne moderne avec Souza, MF Hussain et Raza. Proche de ce dernier, c’est sur sa suggestion qu’il vient le rejoindre à Paris en 1951. Là, il fait la connaissance, décisive pour l’évolution de son art, de Stanley Hayter. En 1965, il est lauréat de la Rockefeller Foundation, invité comme artiste en résidence à l’Université du Wisconsin, avant de retourner s’établir en Inde en 1967. Subtile et méditative, sa peinture connaît un grand succès international.

Akbar Padamsee
Sans titre, 1964
Huile sur toile, signée et datée en haut à droite. Dim. : 118 x 118 cm
Estimation : 80 000 / 120 000 €

Sayed Haider Raza (né en 1922) est un peintre indien. Fondateur du « Progressive artists group », il obtient en 1950 une bourse du gouvernement français et se rend à Paris où il étudie à l’Ecole nationale supérieure des beaux-arts. Son oeuvre témoigne d’une influence syncrétique mêlant nature et spiritualité, culture occidentale et philosophie orientale.

Sayed Haider Raza
Sans titre, 1958
Huile sur toile
Dim. : 32 x 27 cm
Estimation : 10 000 / 15 000 €




Figures de l'Art Contemporain
Cette vente d’art contemporain emblématique de la maison Cornette de Saint Cyr proposera également aux collectionneurs quelques grands noms de l’art contemporain.

Citons en exemple :

JEAN-MICHEL BASQUIAT (1960-1988)
SANS TITRE (Tar Town Asbestos), 1981
Pastel, crayons de couleurs et mine de plomb sur papier
Dim. : 60,6 x 45,7 cm
Provenance : Gallery Schlesinger-Boisante, New York ; P.S. Gallery, Tokyo (acquired from above February 1984) ; Collection particulière, Tokyo
Estimation : 280 000 / 350 000 €

ANTONIO SAURA (1930-1998)
ANTA, 1961
Huile sur toile, signée, titrée, datée sur le châssis
Dim. : 162 x 130 cm
Provenance : Galerie Rodolphe Stadler, Paris ; Collection Philippe Dotremont, Bruxelles ; Collection particulière, Paris
 
Exposition :
Genève, Musée Rath, Saura / Peintures 1956-1985 (rétrospective), 15 juin 1989 - 17 sept. 1989
Valence, IVAM, Saura / Pinturas 1956-1985 (rétrospective), 27 sept. 1989 - 26 nov. 1989
Madrid, Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía, Antonio Saura / Pinturas 1956-1985 (rétrospective), 10 janv.1990
10 mars 1990
 
Estimation : 120 000 / 180 000 €

CHEN ZHEN (1955-2000)
SANS TITRE, circa 1999
De la série «Lire les cendres»
Métal, pierre, plexiglas et machine à écrire
Dim. : 85 x 125 x 15 cm
Estimation : 150 000 / 200 000 €

RAYMOND HAINS (1926-2005)
SEITA, 1970
Bois peint, formica et papier de verre Signé, daté et annoté par l artiste Il est recommandé de fermer la pochette avant de frotter l'allumette au dos
Provenance: Collection particulière, Italie ; Collection particulière
Estimation : 25 000 / 30 000 €




VENTE AUX ENCHÈRES
le jeudi 9 juin 2016 à 19h et le vendredi 10 juin 2016 à 14h30
6 avenue Hoche 75008 Paris



EXPOSITIONS PUBLIQUES
Du samedi 4 juin au mercredi 8 juin de11 à 18h
RELATIONS PRESSE : Anne d’Artigue
communication@cornette-saintcyr.com - 06 77 07 09 88